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Au programme :

Luigi Boccherini, Quatuor à cordes op.32/5

Edward Elgar, « Nimrod » extrait des Variations Enigma

F. Schubert, Quatuor à cordes n°14 « La jeune fille et la Mort »

 

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Concert organisé grâce au soutien de Gilles et Marie-Françoise FUCHS, Grands Mécènes de ProQuartet.

    vendredi 05 mai 202320:00

    Quelques mots du Quatuor Agate sur les pièces jouées :

     

    " Le Quatuor de Luigi Boccherini op.32 n.5 est un véritable petit bonbon rococo évoquant des temps anciens. 

    Si Luigi Boccherini a vécu durant toute la période classique (1743-1805) et a largement contribué à l’expansion du genre du Quatuor à Cordes (il en a écrit plus de 90 !) à l’instar de son contemporain Joseph Haydn, sa musique est résolument tournée vers le passé. 

    En effet, elle évoque davantage la période baroque italienne, malgré des innovations sonores et compositionnelles avant-gardistes et surprenantes pour l’époque. 

    On retrouve donc dans ce quatuor de nombreuses caractéristiques du style rococo avec des gammes fusées, des trilles, des ornementations variées qui ponctuent le discours et le colorent au gré des improvisations des musiciens. 

    Mais le ton est malgré tout sombre, notamment par la tonalité de sol mineur présente dans les deux mouvements extérieurs. 

    Le deuxième mouvement évoque, lui, une balade champêtre, là où le menuet est un véritable tourbillon véhément où on imagine des danseurs embarqués dans une chorégraphie tumultueuse. 

     

     

    « Nimrod » est une des 14 variations des Variations Enigma du compositeur Sir Edward Elgar, écrites entre 1898 et 1899. Chaque variation représente l'un des 14 membres de la famille et du cercle d'amis d'Elgar. 

    En l’occurrence, Nimrod est un portrait d'Augustus J. Jaeger, rédacteur en chef et éditeur d'Elgar.

    Cet extrait est très souvent présenté comme l’une des plus belles pages écrites par ce compositeur et est volontiers utilisé comme musique funéraire, notamment par la famille royale anglaise. 

    « Nimrod » est une pièce emplie d’une grande tristesse, poignante et presque tragique grâce à de longues phrases se construisant lentement vers un point culminant émotionnel, grandiose. 

    Si cette pièce est pour orchestre symphonique à l’origine, nous avons souhaité l’arranger pour le quatuor à cordes, car sa richesse harmonique avec ses nombreuses dissonances et tensions se prêtent particulièrement bien aux timbres des instruments du quatuor. 

     

     

    Le Quatuor à Cordes n° 14, « La Jeune Fille et la Mort », est l'un des piliers du répertoire de la musique de chambre, joué très régulièrement pour sa puissance émotionnelle presque inégalée, qui en fait un souvenir marquant pour l’auditeur dès la première écoute. 

    En l’écrivant en 1824, Schubert a fait ce que font beaucoup de grands compositeurs : il s'est emprunté à lui-même.  

    Le quatuor porte le titre du thème du deuxième mouvement, tiré du Lied «Der Tod und das Mädchen», écrit sept ans plus tôt. 

    Le thème traverse d’ailleurs tout le quatuor.

    Le premier mouvement, un Allegro, ouvre la voie avec une instabilité majeure-mineure typique et de nombreux chocs théâtraux.  

    Dans le deuxième mouvement Andante con moto, après un début sombre, semblable à un choral, des variations apparaissent, utilisant le thème inaugural comme accompagnement pour un effet dramatique.  

    Dans le troisième mouvement, un Scherzo, le quatuor est divisé entre un appel et une réponse aigus et graves, dans lesquels un rythme pointé domine.  

    Le Trio qui interrompt le mouvement est une bouffée d'air chaud, mais qui se dissipe rapidement au retour de la danse sombre du Scherzo.

    Le finale est un rondo rageur qui conserve le rythme pointé du Scherzo, tourbillonnant cette fois-ci, rappelant une forme de danse traditionnelle appelée la tarentelle.  

    Le finale se termine, après une course vertigineuse supposément entre la Jeune Fille et La Mort, sur deux accords secs et stupéfiants. 

    Ce quatuor a été joué pour la première fois en 1826 dans une maison privée et n'a été publié qu'en 1831, trois ans après la mort de Schubert."